Conformément à l'article 485 du Code de procédure civile iranien, les parties sont autorisées à préciser le mode de notification des sentences arbitrales. Parfois, cet accord stipule que la notification doit être effectuée via un Ezharnameh. (Note pour les lecteurs étrangers : Un « Ezharnameh » est une mise en demeure officielle enregistrée par l'État et signifiée par le biais du système judiciaire iranien, un peu comme une sommation par huissier).
Cependant, la catastrophe commence lorsque cette notification officielle, au lieu d'être remise physiquement à la personne (signification réelle), est simplement apposée sur la porte de ses locaux (Note : Il s'agit d'une forme légale de signification fictive en Iran connue sous le nom de « Elsagh », utilisée lorsque le destinataire est absent), et dans la plupart des cas, elle n'est même jamais vue par le destinataire !
Cela marque le début de graves ennuis pour la partie condamnée, surtout si la procédure d'arbitrage et le prononcé de la sentence ont eu lieu entièrement sans sa présence ou à son insu.
Dans la pratique, une stratégie de défense consiste à faire valoir que ce qui s'est passé n'était fondamentalement pas une notification légale et valide, et par conséquent, qu'un titre exécutoire ne peut être émis pour cette sentence arbitrale. Cependant, la réalité est que les tribunaux émettent parfois des ordres d'exécution basés sur ces mêmes sentences arbitrales (un défi auquel j'ai personnellement été confronté dans mes propres dossiers).
Imaginez maintenant que 20 jours se sont écoulés depuis que la notification a été effectuée de cette manière défectueuse, et que le titre exécutoire a déjà été émis. Que faire ? (Note : En droit iranien, une partie dispose d'un délai strict de 20 jours à compter de la date de la notification officielle pour intenter un procès devant un tribunal public afin d'annuler une sentence arbitrale. Le non-respect de ce délai rend généralement la sentence définitive).
🔹 Première approche : Certains confrères juristes soutiennent que, à l'instar des jugements par défaut rendus par contumace, le délai pour demander l'annulation de la sentence de l'arbitre devrait être calculé à partir de la date à laquelle la partie condamnée en a réellement pris connaissance, afin que son droit à la défense ne soit pas violé.
🔹 Deuxième approche : S'appuyer sur la distinction juridique subtile mais cruciale entre Ebtal (Annulation, qui est liée à un délai strict) et Botlan Zati (Nullité inhérente, qui n'est soumise à aucun délai). (Note : « Botlan Zati » implique que la sentence est fondamentalement nulle ab initio — par exemple, elle viole des lois impératives ou l'ordre public — et donc juridiquement inexistante, quel que soit le moment où elle est contestée).
L'approche établie de la Direction générale des affaires juridiques du pouvoir judiciaire est que, bien qu'une action en « annulation » puisse être rejetée pour avoir été intentée après le délai de 20 jours, si la sentence de l'arbitre contient des vices fondamentaux, elle est intrinsèquement nulle (Botlan Zati). Par conséquent, son titre exécutoire peut être révoqué sur la base de l'article 11 de la loi sur l'exécution des jugements civils.
🔍 Exemples tirés des avis consultatifs de la Direction générale des affaires juridiques :
(Note : Ces avis consultatifs ne sont pas des lois strictement contraignantes, mais ils ont un immense poids de persuasion et sont couramment suivis par les juges iraniens).
1. Avis consultatif n° 7/97/2304 (du 6 novembre 2018) : Il stipule explicitement que compte tenu du début de l'article 489 du Code de procédure civile, si une sentence arbitrale contient des motifs de nullité, elle est nulle et inapplicable. Selon cet avis, chaque fois qu'une partie demande l'exécution de la sentence, le tribunal est tenu de l'examiner. Si l'autre partie prétend que la sentence est intrinsèquement nulle, son objection doit être prise en considération par le tribunal. Plus important encore, il souligne qu'en vertu de l'article 11 de la loi sur l'exécution des jugements civils, si une erreur a été commise lors de la délivrance du titre exécutoire, le tribunal peut révoquer le titre ou annuler les opérations d'exécution.
2. Avis consultatif n° 7/1400/1489 (du 31 janvier 2022) : Cet avis souligne également que même si le délai de 20 jours susmentionné a expiré, chaque fois qu'une demande d'exécution est faite au tribunal, la partie condamnée peut porter la « nullité inhérente » de la sentence à l'attention du tribunal. Dans un tel scénario, si le tribunal confirme la nullité inhérente, il doit s'abstenir de délivrer l'ordre d'exécution.
3. Avis consultatifs n° 7/99/558 (du 12 août 2020) et n° 7/97/1203 (du 21 mai 2019) : La même logique est répétée ici. Si la nullité de la sentence est établie, la décision du tribunal selon laquelle la sentence est inapplicable équivaut essentiellement à une déclaration de nullité de la sentence, permettant au bénéficiaire d'intenter son action au fond devant un tribunal public.
Écrit par Reza Bastani Namaghi