Depuis des années, l'un des principaux défis et préoccupations des acteurs économiques et des entreprises en Iran est la structure inéquitable des Commissions de règlement des litiges fiscaux et des Commissions d'évaluation des créances de la Sécurité sociale.
Où est la racine du problème ?
Le conflit d'intérêts !
(Note pour les lecteurs étrangers : Dans le système juridique administratif iranien, l'Administration nationale des impôts d'Iran (INTA) et l'Organisation de la sécurité sociale (SSO) ne sont pas seulement chargées d'évaluer et de recouvrer les impôts et les primes d'assurance obligatoires sur le lieu de travail, mais elles hébergent aussi physiquement et gèrent administrativement les commissions quasi-judiciaires qui entendent les recours des citoyens et des entreprises contre ces mêmes évaluations. Essentiellement, l'organisme d'État qui réclame la dette agit également comme juge dans sa propre affaire).
Cette structure ne remet pas seulement en question l'indépendance et l'impartialité, mais a également causé de graves dommages à la sécurité des investissements et à l'environnement des affaires.
Cette nécessité urgente a finalement poussé le législateur iranien à opérer une chirurgie structurelle majeure. Le 22 juin 2024, la « Loi du septième plan de développement national » (le cadre législatif macroéconomique quinquennal de l'Iran) a été approuvée par le Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime. La clause « T » de l'article 27 de cette loi contient un mandat en or :
« T - En application de la clause (4) des politiques générales du septième plan quinquennal concernant l'essor de la production et la justice fiscale, le ministère des Affaires économiques et des Finances est tenu, en coopération avec le ministère des Coopératives, du Travail et du Bien-être social, de fournir les dispositions légales pour le détachement des processus judiciaires fiscaux de l'Administration nationale des impôts et des processus judiciaires d'assurance du ministère des Coopératives, du Travail et du Bien-être social, et d'établir des centres judiciaires fiscaux et d'assurance indépendants d'ici la fin de la première année du Plan. »
1. Suite à l'adoption de cette loi, le secteur privé a intensifié ses exigences pour son application précise. (Images 1 à 7). Le Conseil de dialogue gouvernement-secteur privé et la Chambre de commerce d'Iran, par de multiples correspondances, ont proposé 8 conditions préalables pour parvenir à cette indépendance.
Leurs demandes étaient claires : 1) Indépendance et impartialité des juges ; 2) Retirer le pouvoir de nommer les membres des commissions de la juridiction des directeurs de la SSO ; 3) Respecter la transparence des procédures ; 4) Garantir le droit à la défense ; 5) Permettre la révision des procès ; 6) Établir une autorité disciplinaire pour les infractions des membres des commissions ; 7) Délocaliser physiquement les lieux d'audience en dehors des bâtiments de la SSO ; 8) Rédiger des règles de procédure appropriées.
2. En réponse à ces demandes, l'Organisation de la sécurité sociale (SSO), au lieu de créer une véritable indépendance, a adopté une approche réductionniste !
L'organisation a rédigé une directive qui, au lieu de détacher légalement le processus judiciaire, a simplement créé un département interne appelé « Gestion judiciaire des assurances » au sein de la SSO elle-même. Elle a réduit les changements structurels exigés à la simple numérisation des avis légaux via le système « Sana » (Note : « Sana » est la plateforme nationale de notification judiciaire électronique de l'Iran) !
Suite à cette manœuvre, l'Adjoint juridique du Président a envoyé une lettre (Image 10) obligeant la SSO à au moins publier ce projet sur la base de données nationale des lois pour recevoir les commentaires du public avant l'approbation finale.
3. Le secteur privé, réalisant qu'il ne s'agissait que de changements cosmétiques, n'est pas resté silencieux. Dans une lettre directe à l'Adjoint juridique du Président, la Chambre de commerce a déclaré :
La création d'une unité judiciaire à l'intérieur de l'organisation ne représente en aucun cas le « détachement et l'indépendance » voulus par le législateur.
Rendre indépendante la réception de documents ou de notifications électroniques ne sont que des « formalités de procédure » et ne résolvent pas le problème central : la composition autoritaire et la présence pesante des propres représentants de l'organisation dans les commissions judiciaires.
💡 Les documents que j'ai joints à cette publication démontrent une bataille totale autour du concept de justice et d'impartialité en Iran. La résistance des agences exécutives pour préserver leur pouvoir judiciaire est tout à fait évidente, mais le secteur privé a montré qu'il ne se contentera pas de changements superficiels sur le papier. L'indépendance judiciaire doit être structurelle, réelle et tangible.
Écrit par Reza Bastani Namaghi